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Historique

L’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo est née de l’œuvre d’évangélisation des missionnaires luthériens et calvinistes envoyés principalement d’Allemagne et de Suisse par la Mission de Brême (1847-1921) puis de France et de Suisse par la Société des Missions Evangéliques de Paris (1929-1959). 

Depuis le 18 décembre 1959, l’EEPT assume pleinement les responsabilités de sa direction, son administration et sa gestion à travers un cheminement théologique fondé sur la proclamation de « tout l’Evangile à Tout l’Homme » pour un harmonieux développement durable dans le cadre d’un partenariat diversifié. 

I. REFORME

La reforme, issue de la crise religieuse capitale du Catholicisme Romain au 16e siècle, consiste en un grand mouvement de renouvellement de la foi chrétienne et de rénovation de l’Eglise en dehors de Rome : l’accent est particulièrement mis sur l’autorité de la Bible, la justification par la foi et le sacerdoce universel. 

    A- ORIGINES
Le Protestantisme n’a pas jailli d’un seul coup : il fut longuement préparé par des mouvements scientifiques, socio-culturels et politico économiques qui tentèrent de porter remède aux maux dont souffraient la société et l’Eglise en Europe. 

        1- Motifs généraux
Ils résultent de toutes sortes de tensions qui agitent la société globale européenne où les abus de l’Eglise sont de moins en moins acceptés 

             a- Causes socio-politiques 
Les conflits d’autorité entre le pouvoir temporel (princes et seigneurs) et la papauté se sont multipliés avec des rivalités territoriales ainsi que des convoitises des biens des uns et des autres. En outre les princes et seigneurs se mêlent de l’administration de l’Eglise (nominations des prélats) tout comme l’Eglise aussi dans l’administration civile (sacres des princes). 

             b- Causes socio-économiques 

Les mutation socio-économiques sont caractérisées par les conditions d’existences de plus en plus misérables des population qui ont du mal à survivre : servage répandu, augmentation du poids des corvées et redevances. Tout le monde est à la quête de l’ascension sociale. 

             c- Causes socio-culturelles 


L’humanisme, effort intellectuel et culturel soutenu pour comprendre et imiter l’antiquité latino-grecque, connaît un rayonnement considérable avec l’invention de l’imprimerie : la critique de l’Eglise, à réformer sur le plan moral et pédagogique, se développe. 

        2- Déviation de la foi chrétienne

Elle est marquée par une piété superficielle qui éloigne les fidèles des véritables sources de salut. 

             a- liberté religieuse des fidèles 

Au point de vue ecclésiastique, la maturité spirituelle des fidèles n’est pas reconnue par la papauté et le haut clergé : leur autoritarisme et la rupture de leur communion avec la masse des fidèles constituent une cause essentielle de la Reforme. 

             b- aspiration à la vérité révélée par la Bible

Le perfectionnement des institutions ecclésiastiques a fait subir à la pratique de la Bible une évolution amoindrissante : la Bible est devenue texte à interprétation et à commentaires autorisés. 

             c- aspiration à retrouver Dieu

L’évolution du sentiment religieux est définie par trois termes successifs : 
- théocentrisme, axé sur l’adoration du Dieu Tout-Puissant,
- christocentrisme, connaissance de la mission rédemptrice du Christ,
- jésulatrie a pour préoccupation la personne humaine de Jésus, ses souffrances, les témoins de sa vie (stigmates, culte de la Vierge et des saints) ainsi que le souci d’imiter la vie terrestre du Seigneur (Vaudois et Franciscains). 

La ferveur religieuse est demeurée vivace avec des formes déviées et exaltées à tel point que les indulgences comptabilisent la grâce et la font passer au niveau du commerce : 

« Pour recevoir l’absolution des ses péchés, le fidèles doit passer par la repentance, la confession des ses péchés et la satisfaction. Celle-ci consiste en certaines peines imposées par le confesseur, telles que prière, jeûnes, aumônes, pèlerinages, fondations pieuses, participation à une croisade, etc. les fidèles peuvent être dispensés de la satisfaction en se procurant des indulgences… la satisfaction peut être acceptée pour l’effacement de ses péchés ou de ceux de tierces personnes, vivantes ou mortes… l’Eglise enseigne que les indulgences dispensent de la satisfaction, mais non de la repentance » (Histoire de l’Eglise, Manuel du Maître, 4e édition, SCE, 1948, p. 50). 

L’institution de cette pratique remonte au XIe siècle. L’indulgence promulguée en 1506 est renouvelée en 1517 par le Pape Léon X pour mobiliser les ressources financières nécessaires aux travaux de construction de la Basilique Saint-Pierre à Rome. 

Sa vente en Allemagne est assurée par le moine dominicain Johannes TETZEL dont les excès de Zèle finissent par soulever l’indignation du jeune moine augustin Martin LUTHER qui interpelle les autorités compétentes sur certains point dangereux. 

    B- PROTESTANTISME

Le Protestantisme est particulièrement marqué par la recherche de réponse à l’angoissante interrogation « comment obtenir la certitude du salut » ? : l’Allemand Martin LUTHER et le Français Jean Calvin, entre autres, ont réussi à instituer de nouvelles façons de penser, de sentir et de pratiquer le christianimse malgré Rome. 

        1- Luthérisme

Il est la forme organisée de la réforme réalisée par Martin LUTHER au cours de la première moitié du XVIe siècle en Allemagne. 

             a- qui est Martin LUTHER ? (1943-1546 : 63 ans) 

Jeune moine augustin et prêtre qui défia l’autorité de l’Eglise Catholique Romaine :
- maître es-arts en 1505,
- devenu moine au couvent des Augustins d’Erfurt le 17 juillet 1505,
- envoyé à Rome en novembre 1510,
- docteur en Théologie le 19 octobre 1512,
- lecteur ordinaire à l’Université de Wittenberg en 1513,
- vicaire de district en 1515,
- auteur des 95 thèses sur la vertu des indulgences affichées le 31 octobre 1517 à Wittenberg,
- excommunié le 3 janvier 1521,
- mis au ban de l’Empire le 26 mai 1521,
- défroqué le 2 octobre 1524,
- marié le 13 juin 1525, avec une nonne défroquée aussi, Catherine de BORA, ils ont eu 6 enfants dont 4 parvenus à l’âge adulte. 

             b- Doctrine luthérienne 

Dans l’exercice de la cure d’âme, le RP Martin LUTHER s’aperçut que la pratique des indulgences favorise une piété superficielle et éloigne les chrétiens des véritables sources du salut : si l’on ne peut mériter le pardon on ne peut encore moins l’acheter. Aussi éprouva-t-il le besoin d’alerter les théologiens et de les inviter à réfléchir au problème. Ce qu’il fit en affichant ses 95 thèses sur la « vertu des indulgences » le 31 octobre 1571 à Wittenberg pour un débat public comme cela se faisait. 

1- en disant : faites pénitences, Notre seigneur et maître JésusChrist a voulu que la vie entière des fidèles fut une pénitence.

62- le véritable trésor de l’Eglise, c’est le très Saint Evangile de la gloire et de la grâce de Dieu.

92- qu’ils disparaissent donc tous ces prophètes qui disent au peuple du Christ : « Paix, Paix », et il n’y a point de paix !

93- bienvenus au contraire les prophètes qui disent au peuple du Christ : « croix, Croix, et ce n’est pas une croix ! 

94- il faut exhorter les chrétiens à s’appliquer à suivre Christ, leur Chef, à travers les peines, la mort et l’enfer.

95. et à entrer au ciel par beaucoup de tribulations plutôt que de se reposer sur la sécurité d’une fausse paix.

Martin LUTHER ne prétend pas apporter d’emblée une doctrine nouvelle dans ses 95 thèses au caractère à la fois polémique et constructif. En effet, il ne brûle que du vif désir de purifier l’Eglise en rappelant ce que l’Eglise a enseigné jadis, à savoir que les indulgences ne confèrent aux âmes rien qui serve à leur salut et à leur sanctification, et que Dieu seul peut pardonner la faute ou le péché de ceux qui se repentent sincèrement. 

Mais, à tous ceux qui s’indignent de la manière dont la crédulité populaire est exploitée au profit du fisc romain, les 95 thèses apparurent alors comme un manifeste libérateur. Ce qui déclenche une vive réaction et la polémique s’engage jusqu’à la consommation de la rupture définitive. 

A partir de 1523 Martin LUTHER favorise l’organisation de petites communautés évangéliques avant de quitter son froc le 2 octobre 1524. 

Il adopte, en 1525, l’allemand (langue vulgaire à la place du latin) pour tous ses écrits en vue de défendre sa réforme contre tous ceux qui tentent de s’y opposer. Il demeure irréductible sur les questions de fond. 

01. Péché originel : l’homme déchu ne peut rien par lui-même. 
02. œuvres : elles n’ont pas de mérite devant Dieu, seule cause du Bien et du Mal ; le chrétien n’est pas sauvé par les œuvres mais il n’est pas sauvé sans les œuvres. 
03. justification par la foi : l’acquittement que, dans sa grâce, Dieu accorde à l’homme le lie à Dieu avec qui il doit vivre en harmonie parfaite en ne recherchant pas d’autres certitudes que l’Evangile. 
04. autorité de la Bible : elle est le seul fondement de la foi en Jésus-Christ, donc

- négation de la Tradition qui fait de l’Eglise le siège de l’Antéchrist,
- antiscolasticisme : empiètement de la raison humaine sur Dieu,
- contestation de la théorie des sacrements en ne retenant que 2 au lieu de 7 :
- baptême : orientation vers la foi en la promesse de délivrance,
- eucharistie : communion sous les deux espèces administrées à tous les communiants ;
- organisation du culte :
- allégement de la messe,
- introduction de l’allemand,
- composition de nombreux cantiques en allemand.

En 20 ans le message de Martin LUTHER, déclaré hérétique puis mis au ban de la chrétienté et de l’empire, a déclenché un formidable mouvement ayant sécoué toute l’Europe dans tous les domaines. Mais il manquait au luthéranisme une doctrine solidement établie et une organisation rigoureuse de l’Eglise : c’est ce qu’apportera le Calvinisme dans l’expansion du protestantisme. 

        2- CALVINISME

Il est la forme organisée de la réforme accomplie par Jean CALVIN durant la seconde moitié du XVIe siècle principalement en Suisse et en France. 

             a- qui est Jean CALVIN ? (1509-1564 = 55 ans)

Jeune humaniste, logicien et juriste, qui se mua en théologien et législateur de la Reforme qu’il a prolongée, approfondie et raffermie :
- maitre es-arts en 1528,
- licencié ès-lois en 1531,
- adhésion à la Reforme à Bâle en 1534,
- séjour à Genève de 1536 à 1538,
- séjour à Strasbourg (1538-1541) où il se marie avec Idelette de BURE en 1540 et ils ont eu 3 enfants dont 2 arrivés à l’âge adulte,
- installation à Genève de 1541 à 1564.

             b- Doctrine calviniste
Les idées de base de l’exposé doctrinal de la réforme calviniste ont fait l’objet de « l’Institution de la Religion Chrétienne » qui, remaniée et enrichie toute la vie de Jean CALVIN, est publiée en latin pour la première édition française date de 1541 pour aider les autres à mieux comprendre la Sainte Ecriture. 

01. Bible : autorité absolue à ne pas contester.
02. Gloire de Dieu : pas de recherches spéculatives sur Dieu qui est Créateur et Gouverneur souverain du monde.
03. Grandeur de Dieu : en face de Dieu la misère et la bassesse de l’homme qui, dans l’état de péché, ne peut que tendre au mal.
04. Dieu Rédempteur en Jésus-Christ : la contrepartie de la chute est la grâce ; pour rétablir le contact avec Dieu c’est Christ, Homme-Dieu, qui est le médiateur qu’il faut connaître à la lecture de la Bible sous l’inspiration du Saint-Esprit qui « nous rend certaines des choses qui sont cachées ». 
05. justification par la foi : il faut s’unir étroitement avec le Christ, condition indispensable à l’accès de l’homme au salut ; cette union ne peut être obtenue que par la foi qui n’est pas l’œuvre de l’homme (l’homme croit parce que Dieu le veut). 
06. organisation de 4 ministères dont les membres sont élus :
    - pasteur : enseignement de la doctrine, explication des livres des saints, administration des sacrements,
    - docteur : étude de l’écriture, contrôle des publications théologiques et formation de la jeunesse cléricale,
    - presbytre (ancien) : chargé de la discipline, de la censure des mœurs (police spirituelle),
    - diacre : administration de la charité publique.
07. culte : union de l’âme humaine à Dieu ; les fidèles se réunissent pour les « prédications de l’Evangile » et les « sacrements » qui doivent soutenir et confirmer la foi dans leur cœur. 
08. baptême : admission de la validité du baptême catholique.
09. eucharistie : le pain et le vin, pris en eux-mêmes, sont sans valeur, ils n’acquièrent de signification qu’avec la promesse divine.
10. conscience individuelle : on ne doit jamais convertir quelqu’un par force.
11. exhortation au travail : l’Evangile doit fructifier d’où exaltation de l’homme, de son travail et de sa réussite.
12. autonomie de l’Eglise, peuple de Dieu animé par le Saint-Esprit, et celle de l’Etat, éducateur, libéral et fondé sur la justice.

Jean CALVIN, sans être consacré pasteur, a donné au protestantisme sa foi, ses cadres, ses méthodes, sa pensée et son organisation dont l’expansion, ayant ouvert la voie à la démocratie et au capitalisme, a atteint les peuples de la Côte des Esclaves en Afrique Occidentale trois siècles plus tard. 

II. EGLISE EVANGELIQUE PRESBYTERIENNE DU TOGO

De l’Eglise ethnique à l’Eglise nationale, l’EEPT est héritière de la Réforme luthéro-calviniste et germano-française. 

    A- HERITAGE MISSIONNSAIRE

Il résulte de l’œuvre de la Société des Missions de l’Allemagne du Nord et de la Société des Missions Evangélique de Paris.

        1- Sociétés des missions de l'Allemangne du nord (1847-1921)

La Société des Missions de l’Allemagne du Nord (Norddeutsche Missions-Gesellchaft) est constituée par des protestants allemands (luthériens et calvinistes) le 9 avril 1836 à Hamburg : son siège est transféré à Brême (Bremen) le 1er janvier 1951, d’où le nom consacré Mission de Brême (Bremen Mission). 

Elle a commencé l’évangélisation en Afrique Occidentale, sur la Côte des Esclaves, bien avant la création en ces lieux des territoires coloniaux de Gold Coast (Britannique), du Schutzgebiet Togo (allemand) et du Dahomey (français) entre 1884 et 1914 

             a- Implantation (1847-1914) 
Le premier missionnaire de Brême, Lorenz Wolf, est accueilli à PEKI BLENGO (au Ghana actuel), samedi, le 14 novembre 1847 : ses hôtes sont d’ethnie ewe à 120km environ de l’Océan Atlantique. Les débuts ont été très éprouvants alors ses successeurs ont préféré venir s’installer parmi les ewe de la cote : projet réalisé par le Pasteur Wilhelm DAEUBLE le 02 septembre 1853 à KETA (au Ghana actuel) dont relèvera la paroisse créée le 14 avril 1893 par l’Enseignant Albert KOKO BINDER à TOVE (futur MISSION-TOVE). 
En dépit des vicissitudes, l’œuvre d’évangélisation s’affermit grâce à la persévérance et la ténacité des 120 missionnaires envoyés de 1847 à 1884 : 36 hommes sur 71 et 18 femmes sur 39 sont décédés, sans compter les enfants. 

En 1884, la Mission de Brême dispose de 9 paroisses regroupées en 2 districts (Keta et Ho) avec 250 fidèles et 120 écoliers. Progressivement la tente s’élargit vers le centre et l’est sous la colonisation germano-franco-britannique. Ainsi furent fondées jusqu’en 1914 dix principales stations (districts) dirigées essentiellement par des pasteurs missionnaires avec le concours des autochtones (pasteurs, catéchistes, enseignants et presbytres). 

 Gold coast  Togo allemand
 1. Peki 1847  1. Ho 1859              5. Akpafu 1903
 2. Keta 1853  2. Amedzofe 1889   6. Atakpame 1904
   3. Lomé 1895          7. Agome-Kpalime 1905
   4. Agu 1895            8. Kpando 1905


Des efforts sont déployés systématiquement pour « l’épanouissement d’une église saine, évangélique et de caractère national en pays ewe » : 
- ouverture de la première école le 08 février 1848, avec 14 garçons, pour assurer le recrutement des fidèles et la formation des cadres en vue de la promotion de l’ascension socio-économique, 
- élaboration scientifique de la langue ewe pour en faire un instrument privilégié de communication du message biblique (traduction et composition de cantiques, traduction de la Bible, publication de manuels scolaires et d’autre ouvrages), 
- codification de la vie chrétienne (organisation de l’Eglise, détermination des ministères et conduite des fidèles) dès 1876, traduite en ewe en 1887 et révisée en 1909, 
- consécration au ministère pastoral du premier catéchiste ewe le 19 mars 1882 (Rudolf MALLAT). 
- Création, en 1896, d’organe d’information « Ewe Hamegbale » (Lette de l’Eglise Ewe), devenu « Nutifafa na mi » (La paix soit avec vous) en 1903. 

Cet élan est brisé par la guerre de 1914-1918 qui a mis l’Allemagne hors du Togo. 

             b- Eglise Evangélique Ewe (1914-1929) 

De 1914 à1919, le Togo Allemand vit sous le régime d’occupation militaire franco-britannique. Ainsi commence le temps d’amertume : 
- un seul couple missionnaire suisse, Ernst BURGI, est resté à Lomé sous occupation britannique,
- une seule station, Atakpame, sur les dix, se retrouve sous occupation française,
- fermeture des écoles par manque d’argent,
- accélération des consécrations de pasteurs autochtones (9 dont 4 en 1915).

Le partage définitif du Togo Allemand, placé sous mandat de la Société des Nations, entre la France (2/3) et le Royaume-Uni (1/3), intervient le 10 juillet 1919 à Londres et la situation des dix stations se présente comme suit : 

 GOLD COAST  TOGO SOUS ADMINISTRATION BRITANNIQUE  TOGO SOUS ADMINISTRATION FRANCAISE
 1. Peki 1. Ho  1. Lome
 2. Keta 2. Amedzofe  2. Agu-Nyogbo
  3. Akpafu  3. Atakpame
  4. kpandi  4. Agome-Kpalime

- sur les dix stations, quatre (Lomé, Agu-Nyogbo, Agome-Kpalimé et Atakpamé) sont sous administration française avec TOVE (devenu MISSION-TOVE en 1919) comme la plus ancienne paroisse, 
- ouverture de séminaire à Agu-Nyogbo en avril 1921,
- départ définitif du dernier couple missionnaire de Brême le 02 septembre 1921, léguant un patrimoine relativement important à ses successeurs appelés à assumer la responsabilité de la prise en charge d’une situation désespérée. 

Dès lors le champ de mission, dont le siège est transféré de KETA à LOME en 1905, est laissé à lui-même sous l’autorité du Pasteur Andreas AKU consacré le 06 mars 1910. et c’est dans ces conditions difficiles que le premier Synode réunit 166 délégués des dix stations, du 18 au 22 mai 1922, à Agome-Kpalime : 
     - 14 pasteurs
     - 14 catéchistes
     - 45 enseignants
     - 58 presbytres
     - 35 autres fidèles.

Le compte rendu de cette rencontre historique, daté du 16 juin 1922, est adressé à la Mission de Brême en ces termes par les autorités de l’Eglise Ewe : 
Ce Synode longtemps désiré eut enfin lieu, du 18 au 22 mai, à Kpalimé. Quelques districts de l’Eglise Ewe étaient fortement représentés et des décisions importantes furent prises par tous les délégués de l’Eglise Ewe, dont voici quelques-unes. 

     - l’Eglise Ewe doit et veut rester une,
     - les communautés doivent en outre chercher à apprendre et à mettre en pratique le dur et difficile travail de l’indépendance et de leur entretien par elles-mêmes jusqu’au retour de leurs propres missionnaires. 
     - Si cependant l’Eglise Ewe devait absolument passer sous la domination d’une autre Société de Mission, il faudrait que celle-ci fût capable de se charger de la Mission Ewe tout entière afin que l’unité d’autrefois puisse être maintenue. Un partage devrait être absolument évité. 
     - Au cas où la puissance séculière aurait l’intention d’imposer par la force d’autres décisions contre cela, l’Eglise Ewe est fermement décidée de maintenir malgré tout son unité. 
     A-t-elle les moyens pour défendre cette courageuse prise de position catégorique éminemment politique ?

        2- Société des missions évangélique de Paris(1929-1959)

De 1929 à 1959 la Société des Missions Evangéliques de Paris (SMEP), créée le 04 novembre 1822, a œuvré pour le réarmement spirituel, moral et matériel de l’Eglise Evangélique Ewe dont elle a fait l’Eglise Evangélique du Togo (EET). 

             a- d’où viendra le secours ? (1922-1929)

dès 1923 les six stations sous administration britannique sont secourues par la Mission Ecossaise (presbytérienne) appuyée par la Mission de Brême qui lui a renvoyé, avec l’accord des autorités britanniques, les couples FREYBURGER, SCHOSSER et SCHROEDER accueillis à Accra le 02 aout 1923. Leur premier Synode, réuni à Ho les 12 et 13 septembre 1923, a élu les Pasteurs DAWID BENSAH et Robert KWAMI, Albert BINDER, BEVERIDGE (Mission Ecossaise) et SCHROEDER (Mission de Brême). 
La rupture est ainsi amorcée entre les deux branches de l’Eglise Evangélique Ewe. 

Les quatre stations sous administration française sollicitent la Société des Missions Evangéliques de Paris par lettre datée du 1er août 1922 et signée par le Modérateur AKU et le Secrétaire Synodal BAETA qui ont refusé le concours des Méthodistes installés à Anexo. 

La SMEP dépêcha alors le Pasteur Charles MAITRE sur le terrain du 25 février au 29 mars 1927. Au vu du rapport établi sur l’état des lieux, le Comité Directeur de la SMEP décide de prendre la relève de la Mission de Brême au Togo sous administration française. 

             b- œuvre de la Société des Missions Evangéliques de Paris (1929-1959)

Le premier missionnaire de la SMEP au Togo est le Pasteur Charles MAITRE, de 1929 à 1931. 

Les taches immédiates qu’il a accomplies sont : 
- la représentation auprès du Commissariat de la République Française au Togo,
- la reprise des biens séquestrés,
- la réorganisation de l’œuvre scolaire. 

Les successeurs du Pasteur MAITRE sont recrutés essentiellement dans les Eglises Réformées (Presbytériennes ou calvinistes) de France et de Suisse : ce qui a beaucoup contribué à la consolidation de la structure presbytérienne de l’Eglise. 

Au cours de 1931 l’œuvre scolaire, pépinière de l’Eglise, est confiée à l’instituteur missionnaire Charles CARRIERE jusqu’en 1937, tandis qu’un internat-école de jeunes filles et un dispensaire sont créés à Agu-Nyogbo d’où est transféré le Séminaire pour Gobe puis Atakpame le 18 mars 1938. 

Entre 1929 et 1939 le nombre de fidèles passe de 9.451 à 17 412 tandis que l’effectif des élèves évolue de 2.573 à 4.734. Durant cette même période 07 catéchistes sont consacrés pasteurs, portant à 10 le nombre total des pasteurs autochtones auxquels s’ajoutent 07 missionnaires, 09 catéchistes et 112 enseignants. 

En outre, l’extension du champ de mission est entreprise vers le nord visité successivement par : 
- le Directeur de la SMEP, Pasteur Elie ALLEGRET, et le Pasteur MAITRE en 1930,
- le Pasteur Gérard CUENOD en 1932,
- le Pasteur Michael Kwami KWAKU et le Directeur des Ecoles, Charles CARRIERE, en 1937. 

L’œuvre d’évangélisation est démarrée dans le nord avec l’ouverture de 3 écoles dont les 91 premiers élèves sont ainsi répartis en septembre 1937 : 
- Pya 41
- Landa 29
- Niamtougou 21 

Les pionniers de cette œuvre sont Max AZAMEDE, Gustave NIPABI, Georges KWAKU Abotsi SOWU, Christian Tsikidi Moussa LOMDO, Jean Adzom SEKU et Paul KAKAKOM. 

Mais l’élan est de nouveau brisé par la guerre de 1939-1945 qui a mobilisé les missionnaires. Cette nouvelle tourmente s’est compliquée avec le décès du Secrétaire Synodal Robert BAETA en 1944 après ceux des Modérateurs Andréas AKU en 1931 et Samuel QUIST en 1936. 

Ainsi s’éteignit la génération des cadres formés en Allemagne. La notoriété de ces trois personnalités a largement dépassé les limites de leur Eglise car elles avaient été aussi élues membres des Conseils des Notables où la qualité de leurs services n’a pas manqué de provoquer l’admiration. Aussi leur a-t-on trouvé des qualificatifs particuliers : 
- AKU, à Lomé : crainte de l’Eglise
- BAETA, à Lomé : beauté de l’Eglise
- QUIST, à Agome-Kpalimé : sagesse de l’Eglise. 

             c- Eglise Evangéliqeue du Togo

La fin de la guerre est marquée par un nouveau départ qui aboutit à l’Eglise Evangélique du Togo en 1957 : dénomination adoptée par le Grand Synode à HO (12-16 janvier 1957). 

En 1947 le nord est érigé en presbytère autour de Lama-Kara (Kara) sous la responsabilité du Pasteur missionnaire Jacques DELORD qui s’engage dans un travail linguistique lent mais sûr avec le Kabyè, comme ses prédécesseurs de Brême l’ont fait pour l’ewe : la traduction de l’Evangile de Luc est terminée en 1948 avec la production d’un petit recueil de cantiques. 

La politique de formation des cadres de l’Eglise se développe avec :
- la multiplication des écoles primaires ;
- la création à Lomé en 1947 du Cours Complémentaire doté, à la rentrée de 1951-1952, d’une section pédagogique pour l’amélioration de l’encadrement du personnel enseignant ; 
- le recrutement pour le ministère pastoral, par la formation théologique sur le tas, des catéchistes sélectionnés dont certains sont envoyés à Ndoungué (Cameroun) et à Paris : de 1946 à 1959, 27 pasteurs sont consacrés parmi lesquels, le premier Akposso, Elemawussi Delly David TORVY (devenu TOVIEHLON, 1946), les deux premiers kabyè, LOMDO (1955) et SEKU (1959) ainsi que le premier licencié en théologie, Eilfried Yawo KPOTSRA (1958) ; 
- l’ouverture du Centre Artisanal de Pya en 1955. 

L’effort de faire de l’Eglise Evangélique Ewe une Eglise vivante dans son environnement, s’est poursuivi dans d’autres domaines comme la santé (dispensaire de Farendè en 1951), l’essor de l’Imprimerie-Librairie Evangélique, le développement des associations et mouvements des femmes et des jeunes. 

Ainsi se présente la situation générale lorsque, à quelques mois de la proclamation de l’indépendance du Togo (27 avril 1960), l’EEPT a acquis son autonomie, le 18 décembre 1959, par rapport à la SMEP dont le Comité Directeur déclara : 

« Notre société a rempli de son mieux la mission qu’elle avait alors acceptée. En collaboration étroite avec l’Eglise elle a créé ou profondément renouvelé certaines activités comme la préparation des pasteurs, les mouvements de jeunesse, la mission en pays Kabrè. L’Eglise a maintenant pris clairement conscience de sa tâche dans un Togo transformé : aussi est-il bon qu’elle assume publiquement la direction de toutes les activités évangéliques dans son pays. 

C’est pourquoi la Société des Missions Evangéliques de Paris remet aujourd’hui au Comité Synodal l’autorité que la Conférence de la Mission détenait encore ». 

    B- IDENTITE

Le 11 décembre 1992 la dénomination Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo remplace Eglise Evangélique du Togo.
Elle appartient à l’Eglise Universelle de Jésus-Christ avec l’identité qu’elle s’est forgée au fil des années. 

        1- Principes fondementaux

L’organisation de l’EEPT se caractérise par :
- l’autorité de la Bible en matière de foi, d’éthique et d’organisation institutionnelle,
- la justification par la foi,
- la confession que Jésus-Christ est Seigneur et Sauveur,

- le culte, qui s’adresse à Dieu (le Père, le Fils et le Saint-Esprit), est essentiellement articulé sur l’invocation, la louange, la confession du péché, l’annonce du pardon, la confession de la foi, la lecture de la Bible, la prédication, l’offrande, l’intercession, l’oraison dominicale et la bénédiction entrecoupées de chants et prières, 
- la reconnaissance de deux sacrements 
- la sainte cène (eucharistie) avec le pain et le vin (corps et sang du Christ) administrés sous les deux espèces à tous les communiants, 
- la paroisse, ou Eglise locale, qui constitue l’espace de vie communautaire à la base, 
- le synode, assemblée générale annuelle des délégués des régions ecclésiastiques (pasteurs, catéchistes, presbytres et autres fidèles), est l’instance suprême de décision qui marque ainsi l’unité et l’autorité dans l’Eglise. 

Cette structure est qualifiée de régime presbytérien synodal hiérarchisé de la paroisse au synode : l’autorité religieuse y est collégiale, autrement dit le clergé (pasteurs et catéchistes) et les laïcs (presbytres et autres fidèles) collaborent pour la direction, l’administration et la gestion de l’Eglise à tous les niveaux dans les différents organes délibératifs, consultatifs et exécutifs. 

Elle diffère donc du système épiscopal (épiscopalien) qui est une organisation cléricale hiérarchisée dans laquelle le rôle des laïcs est infime. 

A l’opposé de celle-ci, le système congrégationaliste confie l’entière responsabilité aux laïcs : les paroisses sont maîtresses d’elles-mêmes, les membres du clergé ne dépendent que d’elles et il n’y a aucun organisme qui dirige l’ensemble des paroisses. 

        2- Vie administrative
Depuis 1981 la décentralisation de la vie administrative est réorganisée avec la création de six régions ecclésiastiques : l’EEPT est donc formée de paroisses regroupées en districts qui constituent les régions ecclésiastiques. 

Bienvenue à l'EEPT

Cet espace virtuel de l'EEPT offre cet outil de communication sur les fondements, les activités, les actions et la vie de l'Eglise.

Vous y trouverez toutes les informations relatives aux projets et programme des démembrements de l'Eglise

Merci à tous les fidèles pour leur contribution à travers leurs échanges, partages et soutiens sous toutes leurs formes ...

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